mardi 17 octobre 2017

Film : "Le Sens de la fête" - Éric Tolédano - Olivier Nakache



Organiser un mariage dans un château du XVIIème siècle, ce n’est pas rien. Max (Jean-Pierre Bacri), traiteur, est à la manœuvre pour coordonner toute son équipe. D’autant plus que le marié est très exigeant.

Malgré son expérience, et une équipe très réactive, les mésaventures vont s’accumuler. Dans le déroulement du mariage lui-même, mais aussi dans la vie privée de Max. Cela donne une comédie plaisante, servie par de très bons acteurs. Jean-Pierre Bacri, évidemment, et bien d’autres. Jean-Paul Rouve est un photographe de métier, mais un peu dépassé. Gilles Lellouche est un animateur qui ne correspond pas du tout aux exigences d’un mariage d’un tel niveau. Plus Eye Haidara, Vincent Macaigne et toute une bande de serveurs, d’invités qui font un mélange bien plaisant à regarder.

Le film est à mon goût un peu long, et le rythme s’en ressent. Le spectateur retiendra un mariage réussi, après bien des péripéties. Ouf ! Un mariage représentatif d’une société sans boussole, où certains osent tout se permettre. D’un côté, les bourgeois extravagants, et de l’autre, les travailleurs des coulisses, sans papiers et qui bossent au black. Jean-Pierre Bacri veille sur tout ce monde de la France de 2017, et il sait à merveille rattraper les situations délicates.

Il grogne, fidèle à lui-même, bien sûr. Mais il grogne efficace. Et en plus, tout finit par s'arranger.

Une comédie, vous dis-je. 


 




 

Avec Jean-Pierre Bacri, Jean-Paul Rouve, Gilles Lellouche, Eye Haidara, etc.




 

jeudi 12 octobre 2017

Livre : "Aux Cinq Rues, Lima" - Mario Vargas Llosa

Je suis rentré dans ce roman avec enthousiasme. On navigue dans les classes possédantes du Pérou, chefs d’entreprises, responsables politiques, responsables de presse. Plus quelques autres personnages qui sont les perdants de cette société inégalitaire, gangrénée par le terrorisme, très violent, et la corruption.

Les enlèvements, les meurtres injustifiés, sont monnaie courante. Mais pour moi, l’intrigue s’est essoufflée, plutôt prévisible, sans surprise.  J’ai donc moins adhéré à la fin du roman. D’autant plus que l’auteur se complaît dans certaines descriptions fort glauques, certes bien écrites, mais qui n’ajoutent rien à l’histoire.

Le lecteur n’échappe pas non plus aux modes de plume en vogue, aux modes médiatiques. Homosexualité, amour à trois, à quatre. Je ne dis pas ça par pruderie, j’apprécie les romans érotiques. Mais était-ce bien utile ?

On se trouve là dans un entre-deux qui ne me convient guère. Á force de vouloir en rajouter, l’auteur m’a petit à petit plongé dans un type de roman policier que je ne lis plus.





lundi 9 octobre 2017

Livre : "Une éthique pour la nature" - Hans Jonas


Depuis le mois de mai, l’écologie a disparu des écrans radars, ou presque. La pensée à la mode nous fait croire que c’est une discipline « transversale », qui doit préoccuper tous les partis. Donc, tous les partis parlent d’écologie, et les écologistes ont disparu. Ou l’inverse, je ne sais pas trop. Pourtant, la réalité est bien là, et la nomination de Nicolas Hulot va-t-elle finaliser cet enterrement de première classe ? Nous verrons.

De mon côté, au hasard des rayonnages de ma petite librairie villeurbannaise, je suis tombé sur ce bouquin. , et j’ai souhaité continuer à réfléchir sur l’écologie. N’en déplaise à l’air du temps…

Hans Jonas, philosophe allemand décédé en 1993, installé aux États-Unis, a été un des premiers à alerter : « Nous n’avons pas le droit d’hypothéquer l’existence de générations futures à cause de notre simple laisser-aller. » Principal responsable pour lui : notre hyperconsommation. Déjà, dans les années 85 / 90. Bravo à lui !

Ce livre se présente sous forme de 9 entretiens. Hans Jonas étant philosophe, de plus philosophe des religions, tous les entretiens ne m’ont pas intéressé de la même manière. Je pourrais résumer ses interrogations : « Contraindre ou ne pas contraindre, that is the question ». Lui, même s’il se défend d’une quelconque idée de dictature, penche plutôt pour la contrainte… Et il fonde une partie de ses espoirs sur le fait que les catastrophes environnementales feront réfléchir les peuples, et que cela les amènera à changer d’attitude. Il alerte donc logiquement contre les dangers du nucléaire civil et militaire.

Catastrophisme, contrainte. Deux paradigmes qui me gênent. L’avenir de l’écologie, s’il y en a un, doit être non contraignant. Sinon, la majorité des individus la rejetteront. Il est indispensable de réfléchir sur la nature, sur l’écologie. Mais il faut le faire avec les citoyens, pas contre eux. Et sans leur faire peur, afin d’éviter de tomber dans l’individualisme forcené du « chacun pour sa peau » (prôné par les survivalistes, par exemple).

L’écologie doit convaincre qu’elle se construit avec les peuples, et pas contre eux. Sinon, elle continuera à décliner.

Quant à la planète, allez savoir…